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25/05/2012

langue régionale "réponse à FELCO"

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la réponse à Felco

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 20120525 langue régionale réponse à Felco.docx

 

Sébastien ANDRAL

Candidat à la Législative 7 ème circonscription

Front de gauche

                                                                                                           FELCO

 

 Madame, Monsieur,

 C’est avec plaisir que je réponds à votre questionnaire, car la question des Langues Régionales est une des préoccupations que j’ai souvent rencontrée dans cette campagne électorale.

 

Ainsi le 14 mars, lors d’une rencontre sur la culture à Pézenas j’ai été amené à préciser, en présence d’Alain Hayot responsable du Front de Gauche des Arts et de la Culture, la position du Front de Gauche sur cette question.

 

Par ailleurs, mon ami François Liberti a participé dans le cadre de son mandat de Député à des initiatives avec le Réseau Langues et Cultures de France, avec des représentants de votre association, à des initiatives pour que le débat parlementaire (dans le cadre de son intergroupe) puisse travailler à l’élaboration d’un projet de Loi. Aujourd’hui, plus que jamais, cette question fait partie d’une conception du pluralisme et de la nécessaire bataille pour la diversité culturelle.

 

 J’en viens à vos questions :

 

  • ·        Quelles mesures comptez-vous prendre pour développer et généraliser l’offre d’enseignement de langues régionales dans le service public de l’Education Nationale ?

 

Dès mon élection, j’agirai avec les représentants de mon groupe pour que l’Etat se fasse une obligation de proposer une offre généralisée d’enseignement en matière de langues et de cultures régionales. Je m’attacherai à créer les conditions de la mise en chantier d’une nouvelle Loi autorisant l’apprentissage des Langues Régionales dans l’enseignement public et je m’engage à prendre contact avec les associations linguistiques et culturelles qui veulent travailler à la rédaction de ce projet de Loi.

Par ailleurs je pense que l’assemblée ne devra pas s’en tenir à une simple inscription dans un texte de Loi, même si l’obtention de celle-ci constituera un progrès significatif, il sera important qu’un plan de promotion des langues de France soit

 

présenté au Parlement afin que celui-ci en assure le suivi, dans l’éducation nationale et dans la vie sociale.

  • ·        La proposition de loi élaborée par l'intergroupe parlementaire sur les langues régionales, réunissant des élus de tous les partis représentés au Parlement préconisait une politique d'offre de l'enseignement des langues régionales généralisée, sauf pour les parents qui la refuseraient explicitement. Soutenez-vous cette position ?

 

Oui je soutiens cette proposition et effectivement, si nous voulons faire progresser l’enseignement des Langues régionales, il n’est pas prévu d’imposer l’enseignement de celles-ci aux parents qui ne le désireraient pas. Mais en même temps, il est nécessaire de faire connaître que cette offre existe.

 

Car nous sommes dans un monde où les échanges et les mouvements de populations ne peuvent que s’accroître, et dans ces conditions le plurilinguisme est une nécessité de plus en plus incontournable. Les langues de France en sont une composante essentielle, de même que leur apprentissage permet des acquisitions plus faciles des autres langues

 

  • ·        La reconnaissance des langues de France comme patrimoine « national» figure actuellement, et curieusement, à l'article 75-1, dans la partie du texte constitutionnel concernant les collectivités territoriales. Dans l'hypothèse d'une réforme de la Constitution, comptez-vous proposer que cette mention figure désormais dans l'article deux, en liaison avec l'affirmation du statut du français comme langue commune ?

 

Vous le savez certainement, notre formation a développé comme axe essentiel de son programme la nécessité d’une VIème République, parlementaire, sociale et participative. Ce projet prévoyait d’engager un processus constituant débouchant sur une Assemblée constituante ayant pour mandat de rédiger une nouvelle Constitution.

 

Si un nombre important de Député(e)s du Front de gauche sont élu(e)s à l’Assemblée Nationale, la question d’une nouvelle Constitution sera à nouveau à l’ordre du jour et dans ce cadre la revendication que vous formulez. Car on ne peut vouloir que l’enseignement des Langues régionales soit pris en compte par l’Education Nationale et ne pas confirmer, dans la Constitution, la place faite à ces langues aux côtés de la langue commune. Un penseur communiste,  Félix Marcel Castan, avait très bien rassemblé dans une formule cette reconnaissance « Une France une politiquement et culturellement plurielle ».

 

Plus que jamais la Constitution doit reconnaitre que la force de son unité réside dans la reconnaissance de sa diversité.

 

  • ·        La FELCO a réfléchi à la complémentarité du rôle des collectivités et de l’Etat en matière de langues régionales : Quels rôles respectifs pour l'Etat et les collectivités locales considérez-vous comme les plus appropriés pour assurer la protection et le développement de ce patrimoine national ?

 

Je répète ce que j’ai écris précédemment, il relève des obligations de l'État de proposer une offre généralisée d’enseignement en matière de langues et de cultures, et de soutien à la création et à la diffusion culturelles qui tiennent compte de la géographie et de l’histoire de ses territoires. Cela doit se faire en coordination avec les différentes collectivités locales : régions, départements, communes.  Mais avec le souci permanent que l’Etat est le garant de l’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire.

La préoccupation que vous exprimez sur la sensibilité de proximité des collectivités locales est fondée, mais elle ne peut avoir de sens que si, en fonction de cette proximité, elle permet d’optimise les décisions publiques dans le sens d’une plus grande satisfaction de l’intérêt général et non dans un esprit de concurrence entre territoires et collectivités, la coopération doit être le moteur du développement national.

A cet effet, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France devrait voir ses  moyens renforcés. Elle devrait être mise en relation directe avec un Haut conseil aux langues et cultures de France dont la création s’avère nécessaire, composé de la représentation des différents groupes linguistiques, y compris les langues issues de l’immigration  et de celles sans territoires.

Un plan de promotion des Langues et Cultures de France devrait être suivi au Parlement, en vue de permettre une présence renforcée dans la vie sociale de cette diversité culturelle, et compte tenu des besoins de socialisation des langues régionales, en particulier dans les médias, il devient important de redéfinir leur cahier des charges, afin que ceux-ci participent de cet effort de redynamisation de nos langues et cultures régionales.

  • ·        Êtes-vous favorable - à la ratification de la Charte Européenne des langues de moindre diffusion, gelée en 1999 ? - à l’adoption d’une nouvelle loi visant à protéger nos langues et nos cultures ?

 

La question de la ratification de la Charte Européenne des Langues minoritaires avait fait l’objet d’un refus du Conseil Constitutionnel saisi par le Président de la République de l’époque (Chirac). Il est donc nécessaire de revoir la Constitution pour que les langues de France soient reconnues, non pas comme étant des langues minoritaires dans l’espace européen, mais comme des langues à part entière constitutives de la culture française et de notre volonté de refonder une Europe au service des peuples, dont les échanges basés aussi sur la culture seront également facteurs de Paix et d’Amitié.

Si la Constitution garantie la reconnaissance des Langues et Cultures de France, la question d’une nouvelle Loi visant à les protéger peut s’avérer discutable.

Mais le débat est ouvert et les points de vue exprimés ici constituent mon engagement personnel, fondé sur une conviction et sur une démarche qu’a porté le Front de Gauche pendant la campagne de l’élection Présidentielle.

Vous remerciant de votre attention,

Recevez, Madame, Monsieur, toute ma considération.

 

                                              

                                                                                              Sébastien ANDRAL

 

 

 

Commentaires

Monsieur,
nous avons bien reçu vos réponses à notre questionnaire, et nous vous remercions, d'abord d'avoir pris la peine d'y répondre, et ensuite pour la précision de vos réponses, qui vont dans le sens que nous espérions, notamment sur la nécessaire synergie entre régions et niveau national, qui doit jouer pleinement son rôle. Juste une remarque : dans votre réponse à la dernière question, vous semblez vous demander si en cas d'inscription de la place des langues de France dans la Constitution, une loi ne risquerait pas d'apparaître comme "discutable". Le fait que le Conseil Constitutionnel, dont on connaît les tropismes politiques actuels, ait récemment fait savoir, dans son langage, que la mention de nos langues dans l'article 75-1 n'avait de fait aucune portée pratique nous paraît au contraire justifier la discussion, l'adoption et la mise en pratique d'une loi, accompagnée, comme vous le dites, d'un plan de promotion précis, et d'une instance de contrôle.
Marie-Jeanne VERNY, co-secrétaire FELCO, P/O Philippe Martel, président

Écrit par : Marie-Jeanne VERNY | 01/06/2012

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